lundi 17 mars 2008

Elections: la quête du pouvoir

Par pouvoir, il ne faut pas entendre un ensemble d’institutions de lois qui assujettissent les citoyens, ni une référence à la souveraineté. On doit entendre la multiplicité des rapports de force qui sont particuliers à un domaine. En 1977, Foucault affirme : « Le pouvoir, ça n’existe pas… Le pouvoir, c’est en réalité des relations, un faisceau plus ou moins organisé, plus ou moins pyramidalisé, plus ou moins coordonnées de relations » .

Tout politicien est en quête de pouvoir. Le pouvoir politique s’exerce par l'arbitrage d’un homme ou d’une assemblée d’hommes dont la mission est d’assurer la cohésion sociale, le développement et la prospérité de l’État. Pour cela, l’autorité politique doit être établie et maintenue. Si un représentant élu n’avait pas d’autorité reconnue, il n’aurait pas de pouvoir et ne pourrait pas assurer sa mission, il ne pourrait pas s’élever au-dessus des autres formes de pouvoir. Il n’existerait pas.

En quoi le pouvoir en politique charmerait-il tous ces prétendants qui se sont battus pendant des mois pour les municipales? Leur discour politique est-il une représentation d’un certain pouvoir énigmatique et relationnel ? En abusent-t-ils à des fins bien précises ? Ce sont plusieurs pistes qui semblent argumenter les conditions émergentes du discours politique de nos représentants.

Le pouvoir peut être énigmatique dans le sens où l’on assimile son accession par le recours à la force pour se faire respecter. À ce sujet La Boétie remarquait déjà : « Je désirerais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire » .

Ainsi aucun pouvoir ne saurait subsister sans la reconnaissance de sa légitimité, sans le consentement de ceux qu’il assujettit.

Toute personne est corruptible et tend en effet à user du pouvoir au-delà de ce pour quoi il lui a été confié, autrement dit toute personne tend, par nature, à abuser du pouvoir. Pour Rousseau, l’homme n’est pas mauvais par nature, c’est lui-même qui s’est corrompu . Et les exemples sont nombreux dans l’actualité du champ politique. Même si les moyens institutionnels mis en place pour prévenir les dérives du pouvoir (pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire), la vigilance du citoyen, à travers l’information et la discussion des décisions politiques, reste le meilleur garant d’une liberté préservée. Mais selon Michel Foucault, le pouvoir n’est jamais tout-puissant, il est infini. C’est pourquoi la lutte contre le pouvoir est elle aussi sans fin et ne peut être que locale .

D’une manière générale, les hommes étant ce qu’ils sont, il leur faut un chef, mais de quelle sorte ? À cette question, Machiavel donne des éléments de réponse dans Le Prince (1513) . Pour lui, les hommes ne sont pas totalement méchants et déraisonnables, ni totalement bons et raisonnables. En conséquence, le pouvoir politique (celui du prince) s’obtient, s’impose et se conserve par des moyens adaptés à cette double nature. Les hommes étant en partie des bêtes, l’obéissance est d’abord extorquée par la violence. Mais les hommes sont aussi doués de raison et de sentiment. La soumission motivée par la peur est convertie en libre consentement par une ruse du Prince (Machiavélisme). Le bon politique, qui lui, est efficace, manœuvre de manière à donner de lui une image (vraie ou fausse, peu importe) de justice, d’humanité qui convaint les esprits, touche les cœurs et amène une obéissance consentie.

De cette brève analyse du Prince de Machiavel, il faut retenir son sens de la réalité politique à dire ouvertement que celle-ci n’est pas subordonnée à la morale. C’est-à-dire qu’on ne fait pas de politique avec des sentiments « bons », mais avec des moyens efficaces qui amèneront le mandataire au pouvoir. C’est ainsi que le pouvoir se fait obéir et dure. Est-ce là du cynisme ou du réalisme politique ? Si l’on se réfère à des remarques machiavéliques données au(x) prince(s) comme « la fin justifie les moyens », « violence et mensonge en politique », « ruse du renard », alors oui on fait preuve de cynisme. Mais en partie seulement car la fortune, le sens de l’occasion et la virtu expliquent aussi l’échec et le succès du pouvoir politique du prince.

Un prince qui a fait bling-bling dans les yeux de sa princesse....

lundi 18 février 2008

The United Sarkozy of America

La dynamique du discours du Président

Pour reprendre les propos de Bourdieu, « ni science, ni phantasme, le discours dominant est une politique, c’est-à-dire un discours puissant, non pas vrai, mais capable de se rendre vrai – ce qui est une façon comme une autre de se vérifier – en faisant advenir ce qu’il annonce, en partie par le fait même de l’annoncer » . Ce pouvoir symbolique de « faire croire » pour Nicolas Sarkozy ne s’improvise pas. Et pour convaincre, il faut illustrer par des mots, c’est là un ensemble de règle en communication politique. Pour Christian Le Bart, on ne s’exprime pas, lorsqu’on est un acteur politique sans un minimum de vigilance, sans penser aux effets de ce que l’on va dire .

Mais qu'est-ce que le discours politique?

Le discours politique, comme nous le rappelle Jean-Marie Cotteret, prend ses origines dans la plus haute Antiquité, il a été le ciment et le garant de notre démocratie . Comme Thucydide le rappelait à Périclès : « l’homme qui sait penser et ne sait pas exprimer ce qu’il pense est au niveau de celui qui ne sait pas penser ».

Cependant, il est délicat et dérisoire de donner une définition exacte à la notion de discours, puisque le terme de discours recouvre plusieurs sens selon les savants. Ce que l’on peut dire, c’est que le discours est une unité linguistique qui donne sens à des phrases formant un message écrit ou oral. Alpha Ousmane Barry, Universitaire en sciences du langage, confirme cette définition et l’approfondie en expliquant que « le terme de discours désigne aussi un ensemble d’énoncés de dimension variable produits à partir d’une position sociale ou idéologique ; comme c’est le cas par exemple de la déclaration d’une personnalité politique ou syndicale » .

Concernant le discours politique, Bourdieu parle d’un discours dominant sur le monde social qui n’a pour fonction seulement de légitimer la domination mais aussi d’orienter l’action destinée à la perpétuer, de donner un moral et une morale, une direction et des directives à ceux qui dirigent et qui le font passer à l’acte. Tel est le fondement du pouvoir que le discours dominant accorde à nos dirigeants politiques.

Christian Le Bart reprend Foucault pour s’intéresser à la diversité historique des formes de discours politiques et pour montrer comment la prise de parole, même lorsqu’elle est formellement libre, est encadrée par des interdits : « Je suppose, écrivait M. Foucault (1971), que dans toute société la production du discours est à la fois contrôlée, sélectionnée, organisée et redistribuée par un certain nombre de procédures qui ont pour rôle d’en conjurer les pouvoirs et les dangers, d’en maîtriser l’avènement aléatoire, d’en esquiver la lourde, redoutable matérialité ». Dans la perspective ouverte par Foucault, on doit penser le discours politique par référence aux autres discours produits à la même époque : discours biologique, médical, économique, etc.

Références bibliographiques
- Pierre Bourdieu, « La science royale », Interventions, 1961-2001, Sciences sociales & action politique, textes choisis et présentés par Franck Poupeau et Thierry Discepolo, Éd. Agone, p. 145.
- Christian Le Bart, Le discours politique, Que sais-je ?, PUF, 1998, p. 10 & 43.
- Jean-Marie Cotteret, Gouverner c’est paraître, Réflexions sur la communication politique, PUF, 1991, p 27.
- Alpha Ousmane Barry, Pouvoir du discours et discours du pouvoir, Éd. L’Harmattan, 2002, 404 p.


lundi 24 décembre 2007

open day

Hi everyone,

I've finally decided to create my own blog in order to shear and to experience news things about communication, sociology, marketing and other topics which need to be discused.

Why Pano'p'ticon? Because it's a reference to the panoptique of Bentham, a philosopher who imagined a prison architecture type. Michel Foucault, a french philosopher, has been interested by this and find in it a modern technique of observation. Therefore, I though it was interesting to divide this word into two parts forming: pano (= sign) and p'ticon (= little jurk).

That means we have to be careful in this world full of advertisments and things which try to manipulate us! Just aware of that! That's the beginning!

I will mix english, french and spanish in this blog depending on my feelings! So, a maximum of people could be attracked.

Warm regards and enjoy the end of 2007!
Fab.