Par pouvoir, il ne faut pas entendre un ensemble d’institutions de lois qui assujettissent les citoyens, ni une référence à la souveraineté. On doit entendre la multiplicité des rapports de force qui sont particuliers à un domaine. En 1977, Foucault affirme : « Le pouvoir, ça n’existe pas… Le pouvoir, c’est en réalité des relations, un faisceau plus ou moins organisé, plus ou moins pyramidalisé, plus ou moins coordonnées de relations » .
Tout politicien est en quête de pouvoir. Le pouvoir politique s’exerce par l'arbitrage d’un homme ou d’une assemblée d’hommes dont la mission est d’assurer la cohésion sociale, le développement et la prospérité de l’État. Pour cela, l’autorité politique doit être établie et maintenue. Si un représentant élu n’avait pas d’autorité reconnue, il n’aurait pas de pouvoir et ne pourrait pas assurer sa mission, il ne pourrait pas s’élever au-dessus des autres formes de pouvoir. Il n’existerait pas.
En quoi le pouvoir en politique charmerait-il tous ces prétendants qui se sont battus pendant des mois pour les municipales? Leur discour politique est-il une représentation d’un certain pouvoir énigmatique et relationnel ? En abusent-t-ils à des fins bien précises ? Ce sont plusieurs pistes qui semblent argumenter les conditions émergentes du discours politique de nos représentants.
Le pouvoir peut être énigmatique dans le sens où l’on assimile son accession par le recours à la force pour se faire respecter. À ce sujet La Boétie remarquait déjà : « Je désirerais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire » .
Ainsi aucun pouvoir ne saurait subsister sans la reconnaissance de sa légitimité, sans le consentement de ceux qu’il assujettit.
Toute personne est corruptible et tend en effet à user du pouvoir au-delà de ce pour quoi il lui a été confié, autrement dit toute personne tend, par nature, à abuser du pouvoir. Pour Rousseau, l’homme n’est pas mauvais par nature, c’est lui-même qui s’est corrompu . Et les exemples sont nombreux dans l’actualité du champ politique. Même si les moyens institutionnels mis en place pour prévenir les dérives du pouvoir (pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire), la vigilance du citoyen, à travers l’information et la discussion des décisions politiques, reste le meilleur garant d’une liberté préservée. Mais selon Michel Foucault, le pouvoir n’est jamais tout-puissant, il est infini. C’est pourquoi la lutte contre le pouvoir est elle aussi sans fin et ne peut être que locale .
D’une manière générale, les hommes étant ce qu’ils sont, il leur faut un chef, mais de quelle sorte ? À cette question, Machiavel donne des éléments de réponse dans Le Prince (1513) . Pour lui, les hommes ne sont pas totalement méchants et déraisonnables, ni totalement bons et raisonnables. En conséquence, le pouvoir politique (celui du prince) s’obtient, s’impose et se conserve par des moyens adaptés à cette double nature. Les hommes étant en partie des bêtes, l’obéissance est d’abord extorquée par la violence. Mais les hommes sont aussi doués de raison et de sentiment. La soumission motivée par la peur est convertie en libre consentement par une ruse du Prince (Machiavélisme). Le bon politique, qui lui, est efficace, manœuvre de manière à donner de lui une image (vraie ou fausse, peu importe) de justice, d’humanité qui convaint les esprits, touche les cœurs et amène une obéissance consentie.
De cette brève analyse du Prince de Machiavel, il faut retenir son sens de la réalité politique à dire ouvertement que celle-ci n’est pas subordonnée à la morale. C’est-à-dire qu’on ne fait pas de politique avec des sentiments « bons », mais avec des moyens efficaces qui amèneront le mandataire au pouvoir. C’est ainsi que le pouvoir se fait obéir et dure. Est-ce là du cynisme ou du réalisme politique ? Si l’on se réfère à des remarques machiavéliques données au(x) prince(s) comme « la fin justifie les moyens », « violence et mensonge en politique », « ruse du renard », alors oui on fait preuve de cynisme. Mais en partie seulement car la fortune, le sens de l’occasion et la virtu expliquent aussi l’échec et le succès du pouvoir politique du prince.
Un prince qui a fait bling-bling dans les yeux de sa princesse....
Tout politicien est en quête de pouvoir. Le pouvoir politique s’exerce par l'arbitrage d’un homme ou d’une assemblée d’hommes dont la mission est d’assurer la cohésion sociale, le développement et la prospérité de l’État. Pour cela, l’autorité politique doit être établie et maintenue. Si un représentant élu n’avait pas d’autorité reconnue, il n’aurait pas de pouvoir et ne pourrait pas assurer sa mission, il ne pourrait pas s’élever au-dessus des autres formes de pouvoir. Il n’existerait pas.
En quoi le pouvoir en politique charmerait-il tous ces prétendants qui se sont battus pendant des mois pour les municipales? Leur discour politique est-il une représentation d’un certain pouvoir énigmatique et relationnel ? En abusent-t-ils à des fins bien précises ? Ce sont plusieurs pistes qui semblent argumenter les conditions émergentes du discours politique de nos représentants.
Le pouvoir peut être énigmatique dans le sens où l’on assimile son accession par le recours à la force pour se faire respecter. À ce sujet La Boétie remarquait déjà : « Je désirerais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire » .
Ainsi aucun pouvoir ne saurait subsister sans la reconnaissance de sa légitimité, sans le consentement de ceux qu’il assujettit.
Toute personne est corruptible et tend en effet à user du pouvoir au-delà de ce pour quoi il lui a été confié, autrement dit toute personne tend, par nature, à abuser du pouvoir. Pour Rousseau, l’homme n’est pas mauvais par nature, c’est lui-même qui s’est corrompu . Et les exemples sont nombreux dans l’actualité du champ politique. Même si les moyens institutionnels mis en place pour prévenir les dérives du pouvoir (pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire), la vigilance du citoyen, à travers l’information et la discussion des décisions politiques, reste le meilleur garant d’une liberté préservée. Mais selon Michel Foucault, le pouvoir n’est jamais tout-puissant, il est infini. C’est pourquoi la lutte contre le pouvoir est elle aussi sans fin et ne peut être que locale .
D’une manière générale, les hommes étant ce qu’ils sont, il leur faut un chef, mais de quelle sorte ? À cette question, Machiavel donne des éléments de réponse dans Le Prince (1513) . Pour lui, les hommes ne sont pas totalement méchants et déraisonnables, ni totalement bons et raisonnables. En conséquence, le pouvoir politique (celui du prince) s’obtient, s’impose et se conserve par des moyens adaptés à cette double nature. Les hommes étant en partie des bêtes, l’obéissance est d’abord extorquée par la violence. Mais les hommes sont aussi doués de raison et de sentiment. La soumission motivée par la peur est convertie en libre consentement par une ruse du Prince (Machiavélisme). Le bon politique, qui lui, est efficace, manœuvre de manière à donner de lui une image (vraie ou fausse, peu importe) de justice, d’humanité qui convaint les esprits, touche les cœurs et amène une obéissance consentie.
De cette brève analyse du Prince de Machiavel, il faut retenir son sens de la réalité politique à dire ouvertement que celle-ci n’est pas subordonnée à la morale. C’est-à-dire qu’on ne fait pas de politique avec des sentiments « bons », mais avec des moyens efficaces qui amèneront le mandataire au pouvoir. C’est ainsi que le pouvoir se fait obéir et dure. Est-ce là du cynisme ou du réalisme politique ? Si l’on se réfère à des remarques machiavéliques données au(x) prince(s) comme « la fin justifie les moyens », « violence et mensonge en politique », « ruse du renard », alors oui on fait preuve de cynisme. Mais en partie seulement car la fortune, le sens de l’occasion et la virtu expliquent aussi l’échec et le succès du pouvoir politique du prince.
Un prince qui a fait bling-bling dans les yeux de sa princesse....

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